WAIPOUA FOREST

Samedi 26 novembre 2016

Lorsque nous atteignons la fameuse Waipoua Forest, en fin de matinée, de nombreux sentiers aménagés semblent possibles à emprunter, mais nous ignorons par où commencer.
Nous nous rendons donc à un centre d’information, où une hôtesse maorie, au visage tatoué, nous accueille très gentiment. Dix minutes plus tard, nous repartons alors, mieux renseignés, en direction d’une randonnée qui mène à des chutes d’eau, à plusieurs kilomètres d’ici.

La forêt dans laquelle nous pénétrons est superbe. Le sentier n’est pas de tout repos, il se trouve souvent en pente et de nombreuses marches (souvent irrégulières et parfois très hautes) ont été aménagées, mais c’est très agréable de s’y trouver. Les arbres immenses nous entourent et nous immergent dans une nature riche et luxuriante.

Nous y restons durant quatre heures, en prenant le temps de déjeuner au bord d’un ruisseau, avant de repartir (en voiture) vers de nouveaux sentiers.

Waipoua Forest
Waipoua Forest

Le cours d’eau à côté duquel nous avons déjeuné

Waipoua Forest

Nous allons ensuite à la rencontre de kauris, des arbres souvent immenses et parfois millénaires, très respectés des maoris.

Leurs racines, qui poussent souvent dans des endroits marécageux, sont tendres et molles afin de pouvoir s’imprégner d’eau. Malheureusement, cela les rend particulièrement fragiles : elles absorbent ainsi aisément les maladies, et sont très sensibles lorsqu’on leur marche dessus.
Les kauris sont donc très vulnérables et de nombreux sont morts suite au passage répété de l’humain…
Afin de les protéger, des sentiers ont été aménagés sur des passerelles en bois et il est également important de nettoyer ses chaussures (avec un produit mis à disposition) à chaque entrée et sortie de la forêt, pour ne transmettre aucune maladie (ce qui, malheureusement, ne semble pas concerner certains visiteurs…).

Le chemin que nous empruntons en premier nous emmène jusqu’au plus grand des kauris, nommé Tane Mahuta. Son nom signifie, en maori : “Seigneur de la forêt”.
D’après la cosmologie Maorie, Tane est le fils de Ranginui, le ciel (père) et Papatuanuku, la terre (mère).
Tane a brisé l’étreinte de ses parents pour apporter lumière, espace et air, en permettant ainsi à la vie de s’épanouir. Tane est celui qui donne la vie. Toutes les créatures vivantes sont ses enfants.

Ce dernier est impressionnant et majestueux ! Il est incroyablement grand et large, nous faisant nous sentir petits à ses côtés. Il mesure 52 mètres de hauteur, 14 mètres de diamètre et représente à lui seul 245 mètres cube.
Son âge exact ne peut être connu, mais celui-ci est estimé à environ 2 000 années.

Nous restons de longues minutes à l’observer, songeant à cet arbre qui a “vu” grandir l’humanité.

Nous allons ensuite voir Te Matua Ngahere : le “Père de la forêt”.  Il serait l’un des plus vieux arbres au monde (après les forêts de séquoias situées à l’ouest des États-Unis).
Alors que certains scientifiques estiment son âge entre 1 500 et 2 000 ans, d’autres scientifiques l’estiment à environ 4 000 années.
Lui aussi est immense, et tout autant impressionnant que le “seigneur de la forêt”.

Et, pour terminer, nous partons à la rencontre de quatre kauris qui ont poussés les uns à côté des autres de façon très rapprochée, se faisant alors nommer les “Quatre soeurs”.
Ces derniers sont également très beaux, tout comme les centaines d’autres kauris qui nous entourent.

Waipoua Forest Father Kauri
Waipoua Forest Kauri son

À gauche : le Seigneur de la forêt – À droite : le Père de la forêt

Puis, l’après-midi touchant à sa fin, nous reprenons la voiture en quête d’un endroit où dormir.
La route traverse la forêt (sur environ vingt kilomètres) et, à notre arrivée quelques heures plus tôt, nous pensions peut-être essayer de nous y engouffrer, malgré la densité de la forêt qui semble la rendre quasi impénétrable.
Mais, désormais, en ayant conscience de la fragilité des kauris, il est hors de question pour nous de tenter la moindre traversée en prenant ainsi le risque de les “blesser”.

Nous parcourons alors plusieurs kilomètres sur la route qui serpente à travers les arbres, mais aucun endroit particulier n’est accessible. Seule la forêt nous entoure, et les quelques bas-côtés qui se présentent sont en évidence le long de la route afin de se ranger ou faire une pause quelques minutes.

Ne trouvant pas d’autre solution et ne voulant pas risquer une amende de 200 $, nous nous rabattons sur un camping situé à quelques kilomètres. L’endroit est payant, 15 $ (9,90 €) par personne mais il y a une douche chaude, de l’électricité, de l’eau potable et une cuisine à disposition. De plus, il se trouve dans un lieu calme et agréable, à la lisière d’une forêt, ce qui nous convient donc très bien.

Le soir, nous tentons une petite excursion dans la forêt (via un sentier aménagé) dans l’espoir de croiser un de ces fameux mais rares kiwis. Malheureusement, il n’est pas assez tard, les kiwis sont des oiseaux nocturnes et il faut normalement s’aventurer dans les environs de trois ou quatre heures du matin si on veut avoir la chance d’en croiser un. De plus, même en s’enfonçant dans une forêt en plein milieu de la nuit, il reste difficile de les voir car ce sont des animaux sauvages et craintifs (ce qu’on ne peut leur reprocher !).

Cependant, nous avons tout de même eu l’opportunité de ressentir (et surtout d’entendre !) leur présence durant la nuit qui fut rythmée par leurs cris, parfois surprenants.

Enregistrement d’un kiwi faisant un de ses cris – (Enregistrement téléchargé sur Dinosoria.com)

 LE PETIT PLUS

Waipoua” signifie, en maori : Forêt des pluies nocturnes  (Wai : Eau ; Po : Nuit ; Ua : Pluie).

Les kauris ont une croissance très lente : il leur faut 800 ans pour atteindre leur taille adulte.

Avant l’arrivée des colons, le nord de la Nouvelle-Zélande était densément peuplé de forêts de kauris. Mais, entre le 19ème et le 20ème siècle, les européens ont abattu 96 % des kauris. Aujourd’hui il n’en reste donc que 4 %…

Cependant, en 1956, une protection complète des kauris a été votée afin de préserver l’espèce. Et, en 1988, la tribu maorie Te Roroa, à qui “appartenait” la forêt (avant qu’ils la vendent aux britanniques en 1876) parvient enfin (après de nombreuses années) à obtenir un droit de consultation pour tout projet concernant la forêt. Ces derniers, en coopération avec le DOC (Department Of Conservation), gèrent désormais la forêt en tentant de la préserver et de la restaurer (tout en la promouvant).

Et n’hésite pas non plus à nous laisser un petit commentaire 😀

2 réponses
  1. Sandrine
    Sandrine dit :
    Vous qui aviez du mal les premiers jours à trouver des coins de nature, ça y est, vous êtes servis !

    Sacrée forêt !!! 😀
    C’est dingue que les kauris soient si fragiles que ça. Et ce qui est dingue aussi c’est que malgré toutes les indications et aménagements mis à la disposition des visiteurs pour protéger ces arbres, certains ne respectent pas les règles. Ils sont pourtant contents de se promener dans ce lieu, mais ont l’air de s’en ficher de ce qu’il adviendra après leur passage. Enfin, c’est un autre débat 🙂

    Ca a dû être une randonnée vraiment agréable.
    Par contre, ton arbre il ferait pas plutôt 14 mètres de circonférences ? Plutôt que diamètre… ^^

    Dommage que vous n’ayez pas vu de kiwis. C’est l’un des seul qui manque à votre liste.
    C’est sympa déjà d’avoir pu les écouter la nuit. Même si, quand tu ne sais pas ce que c’est, leurs « cris » sont plutôt inquiétants xD

    En tout cas, super voyage. De beaux paysages, que vous nous faites partager.
    Continuez comme ça. Et profitez.

    Merci aussi pour toutes ces infos et anecdotes sur la culture Maori. Très intéressant ! Et ça c’est une culture avec une mentalité que j’aime ! (dommage que les Néo-Zelandais ne la partage pas)

  2. Maëva & Vincent
    Maëva & Vincent dit :
    : Oui, cette forêt est immense (9 105 hectares) et magnifique !
    Dommage, en effet, que tout le monde ne la respecte pas (pourtant, les gens sont bien contents de la visiter cette forêt. Mais pour respecter les endroits qui les entourent, ça c’est autre chose !)

    Et oui.. c’est plutôt 14 mètres de circonférence ^^’ Merci, j’ai corrigé !

    Pas de souci pour les informations et anecdotes, on trouve ça intéressant à partager 🙂

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *