PARC NATIONAL ABEL TASMAN

Le parc national Abel Tasman est considéré comme l’un des plus beaux parcs du pays et est également le plus petit des parcs nationaux de Nouvelle-Zélande avec ses 22,530 hectares, dans lequel vit en harmonie une faune et une flore magnifiques, entre plages idylliques, eau turquoise, îles désertes, otaries, dauphins, baleines et même orques.

Après de nombreuses recherches et une longue réflexion, nous planifions l’itinéraire qui nous attire le plus et décidons de partir pour deux jours de kayak et une (bonne) journée de marche.

L’idée de partir ainsi trois jours en autonomie, plongés au cœur de la nature et des animaux, nous plaît énormément et nous avons vraiment hâte d’y être.

Vendredi 27 janvier 2017

Il est 08h00 lorsque nous arrivons à la location de canoë, située à quelques minutes du point de départ de notre excursion. Nous avons trente minutes d’avance et nous attendons donc tranquillement mais impatients.

Environ une demi-heure plus tard, nous sommes une dizaine de personnes réunies quand l’employé de l’agence de location nous rejoint et commence à donner les explications nécessaires.
Celui-ci est particulièrement désagréable et impoli… Il est impatient, ne prend pas le temps de nous expliquer clairement et se fiche de savoir si les consignes ont été comprises par tous. Au contraire même, lorsqu’une personne n’a pas tout saisi ou n’a tout simplement pas un équipement adapté (un gilet de sauvetage trop grand par exemple, comme ce fut mon cas), il s’agace, fait des commentaires désagréables et ignore totalement ce qu’on lui dit.
Nous passons ainsi deux longues heures plutôt pénibles, durant lesquelles nous nous efforçons de prendre sur nous (et durant lesquelles nous regrettons surtout de ne pas avoir un anglais parfait pour lui dire tout le bien que nous pensons de lui).

Il est un peu plus de 10h30 quand nous mettons (enfin) les kayaks à la mer. Alors que nous entamons nos premiers mètres sur l’océan, l’employé, resté sur la plage, continue de nous parler mais Vincent et moi avons déjà cessé de l’écouter, agacés par son comportement et ses réflexions.

L’endroit qui nous entoure est déjà très beau et l’eau qui remue sous notre embarcation ne cesse de nous ballotter doucement.
Mais, au bout de quelques minutes, le va-et-vient des vagues qui nous berce au rythme de l’océan commence à m’être désagréable. Le mal de mer s’éprend peu à peu de moi avant de m’emparer complètement.
(Il y a environ une semaine, j’ai également été malade durant les trois heures de ferry reliant les deux îles de Nouvelle-Zélande, mais, étonnement, à aucun moment nous n’avons pensé que l’effet pourrait être le même sur le canoë.)
La sensation est particulièrement désagréable mais je tente (non sans mal) d’en faire abstraction.

Tout en pagayant, nous ne cessons d’être à l’affût du moindre mouvement dans l’eau. Nous espérons et rêvons tellement de voir un dauphin, une baleine ou encore une orque, même de loin, que le moindre reflet sur la surface de l’océan, la moindre algue qui flotte au loin, ou le semblant d’ombre qui stagne sous l’eau devient une présence potentielle à nos yeux et nous emplit d’espoir presque à chaque fois.
Cependant, malgré nos appels (où nous imitons pourtant superbement bien les dauphins) et nos tentatives d’entrer en contact (en frappant l’eau de nos pagaies), aucun animal ne pointe le bout de son museau.

Après trois heures et un état de plus en plus nauséeux (pour ma part), nous décidons d’aller accoster sur l’île déserte et magnifique qui nous fait face : Adele Island.
Lorsque le kayak atteint la plage, je me hâte d’en descendre et je m’éloigne de l’eau pour aller m’asseoir sur le sable. Je profite de la stabilité du sol pour me remettre petit à petit de mes émotions tandis que Vincent nous prépare à manger.

Puis, tout en déjeunant notre semoule encore chaude, nous profitons de l’endroit.
L’île est superbe, si ce n’est paradisiaque. Les vagues, dont l’eau est turquoise et transparente, viennent lécher le sable fin et blanc de la plage déserte. C’est tellement agréable de se trouver ici, avec comme seule compagnie la nature et les oiseaux !
À cet instant, nous sommes dans notre élément, épanouis.

Abel Tasman Adele IslandAbel Tasman Adele IslandAbel Tasman Adele Island
Nous profitons de ce lieu environ une heure, d’abord en souhaitant visiter l’île (mais seule la plage est accessible, la forêt étant trop dense pour être pénétrée), puis en nous prélassant paisiblement au soleil.

Nous resterions bien là toute la journée mais nous devons rejoindre une autre plage, Mosquito Bay, sur laquelle nous allons passer notre prochaine nuit.

Je n’ai vraiment pas hâte de rejoindre les bercements de l’océan et c’est donc sans impatience que j’aide Vincent à remettre le kayak sur l’eau.
Pourtant, le mal de mer ne me gagne pas lors des premières minutes. Je nourris alors l’espoir d’être débarrassée de cette sensation et je profite tant que possible du moment.
C’est particulièrement agréable de se trouver là, sous un ciel bleu et ensoleillé, au milieu de l’océan.
Une sensation de bien être et de liberté s’empare alors de nous tandis que nous naviguons sur l’immensité de l’eau qui s’étend jusqu’à l’horizon.

Malheureusement, je n’ai le droit qu’à quarante minutes de répit avant que le mal de mer ne me revienne peu à peu.

Après environ une heure trente, la sensation est trop présente, je me sens si mal que j’hésite à aller dans l’eau. Mais le moindre mouvement me rend malade et je ne sais plus où regarder pour tenter d’atténuer le mal-être.
Une plage se dessine au loin et nous décidons de nous y rendre pour faire une pause. La distance me semble sans fin et chaque ballottement supplémentaire empire mon mal de mer. Sur le moment, les derniers mètres sont un calvaire.

Alors que la plage s’approche de plus en plus, je me sens de plus en plus faible. J’ai la tête qui tourne, les oreilles qui bourdonnent, la vue qui se floute… je suis sur le point de faire un malaise. Mais je ne veux pas en parler à Vincent, je ne veux pas l’inquiéter ou lui gâcher le plaisir d’être ici.

Après une attente interminable, nous accostons enfin. Le canoë entre à peine en contact avec le sable que je tente déjà de m’en extirper. Mais, les pieds enfin dans l’eau, j’ai peu d’équilibre. Mes jambes tremblantes ne me portent presque plus et je trébuche à plusieurs reprises avant d’atteindre un rocher contre lequel je me laisse doucement tomber.

Je demeure sans bouger durant environ quinze minutes tandis que Vincent reste à mes côtés.
Je suis vraiment déçue… Nous nous trouvons dans un endroit magnifique et nous réalisons une excursion que nous avions plus que hâte de faire, mais je suis trop malade pour en profiter pleinement. C’est frustrant.

Nous regardons la carte du parc. Mosquito Bay, la plage que nous devons rejoindre, se situe à environ trente ou quarante minutes de canoë.
Je m’oblige à manger une barre de céréales, je réunis mes forces et le peu de motivation qu’il me reste, et nous remettons le kayak à la mer.

Après une bonne demi-heure sur l’eau, où mon mal de mer, bien que présent, est un peu moins pénible que ce que je redoutais, nous accostons sur (la très attendue) Mosquito Bay.

La plage est belle et un grand tapis de sable orangé s’étend devant nous.
Je suis très soulagée d’être enfin arrivée mais il nous faut maintenant emmener le canoë sur l’étendue d’herbe qui se situe environ cinq cents mètres plus loin.
Nous sommes assit sur notre embarcation en prenant le temps de nous reposer quand un couple vient à notre rencontre pour nous proposer de l’aide.
Nous acceptons avec plaisir et, lorsque nous commençons à porter le kayak, j’apprécie encore plus leur démarche. En effet, le canoë est particulièrement lourd et c’est donc très agréable d’avoir des mains supplémentaires pour le porter.

Nous discutons avec le couple qui s’avère être très sympa. Ce sont deux Français qui vivent en Nouvelle-Zélande depuis six mois (et pour encore six mois), Caro et Jonathan.
Nous restons un certain temps à discuter ensemble puis nous décidons d’aller les revoir en début de soirée, après avoir monté tranquillement notre tente et pris le temps de manger notre dîner.

Nous choisissons donc un endroit sur l’herbe où nous installons notre campement puis nous allons tous les deux sur la plage. Je reste assise sur le sable tandis que Vincent, munit d’un masque et d’un tuba, décide d’aller explorer les “fonds marins”.

Abel Tasman Mosquito Bay

Après trente minutes d’observation où seul le sable fut finalement visible, nous décidons de retourner à notre tente pour aller manger.

Mais, lorsque nous arrivons, notre sac de nourriture se trouve à côté de la tente. Nous nous regardons quelques secondes, persuadés de n’avoir rien laissé dehors.
Nous commençons déjà à craindre une mauvaise surprise et soulevons alors la toile de la tente, inquiets.
Sur le coup, nous peinons à croire ce qui se trouve sous nos yeux et sommes dépités.
Un trou, de la taille d’une poule, a été percé dans la moustiquaire et des morceaux de pain de mie sont éparpillés sur le sol…
Nous connaissons le coupable qui se trouve être un wéka, un oiseau qui ne sait pas voler de la taille d’une poule.
Nous n’en revenons pas…  notre tente, encore neuve, nous a coûté extrêmement cher (plus de 600 euros !) et nous en prenons grand soin à chacune de ses utilisations mais il nous aura fallut trente minutes d’inattention pour qu’un weka vienne la déchirer.

Je suis complètement blasée tandis que Vincent est très énervé.

Abel Tasman weka oiseau

 Le fameux wéka qui se trouve être le coupable

Tente trouée

Vincent consacre alors l’heure suivante à tenter de recoudre la moustiquaire. Le résultat n’est pas parfait, mais il fera très bien l’affaire.

Puis, ayant trop peur d’une nouvelle “attaque”, nous décidons de manger rapidement dans notre tente et de ne plus la quitter des yeux, ne serait-ce qu’une minute.

Nous sommes déçus de ne pas rejoindre Jonathan et Caro comme prévu, mais nous ne voulons surtout pas prendre le risque de s’éloigner une nouvelle fois.

Samedi 28 janvier 2017

Je me réveille avant Vincent, tandis que les premiers rayons du soleil commencent à apparaître.
La nuit ne fut pas des plus agréables, entre l’inconfort, le froid et le wéka qui a tourné autour de notre tente à plusieurs reprises. Ce dernier a même tenté, au milieu de la nuit, de s’attaquer de nouveau à notre tente mais je me suis heureusement réveillée à temps pour le faire fuir !

Je me lève tranquillement et je me rends sur la plage où j’observe le lever du soleil dans un silence serein.
Après quoi, je rejoins le campement où je retrouve Vincent éveillé. Nous prenons soin de bien ranger notre tente avant d’aller prendre notre petit déjeuner sur le sable fin avant de profiter de l’endroit.
Puis, à 11h00 nous décidons de manger notre déjeuner en espérant que celui-ci sera suffisant pour contenir mon mal de mer le plus longtemps possible.

Nous allons ensuite voir Jonathan et Caro pour leur expliquer la situation de la veille et s’excuser de n’être finalement pas venu.
Nous discutons de nouveau quelques minutes, et ils sont tous les deux vraiment sympas et intéressants. Ils vivent dans les environs de Christchurch et comme cette ville est la dernière que nous comptons visiter en Nouvelle-Zélande, nous décidons de nous recontacter à ce moment là pour se voir de nouveau autour d’un verre.

Puis, nous allons mettre notre kayak à la mer.
J’appréhende le moment où nous allons nous trouver sur l’eau mais je suis tout de même contente de partir à la rencontre de nouveaux endroits magnifiques. Aujourd’hui, nous souhaitons atteindre Tonga Island, une île sauvage (où il n’est pas autorisé d’accoster) et sur laquelle vivent des colonies d’otaries.

Environ une heure plus tard, nous atteignons enfin la fameuse île et nous prenons le temps d’en faire le tour en contemplant l’endroit où des otaries se prélassent.
Alors que nous longeons les bords, en tentant de ne pas s’écraser sur les rochers environnants, nous nous retrouvons en face d’une crique incroyablement belle.
Celle-ci est magnifique. L’eau qui se niche dans le creux de l’île est superbe, transparente et turquoise. La verdure est abondante et se hisse devant nous, tel un mur d’arbres et de buissons.
Des otaries se trouvent tout autour de nous, émettant par moment leur cri distinct. Des bébés se tiennent sur les rochers qui se trouvent à quelques mètres de nous, tandis que des adultes nagent sous l’eau non loin de notre embarcation.
Le spectacle naturel auquel nous avons droit nous fascine (à tel point que je parviens à faire l’impasse sur mon mal de mer durant quelques instants). L’endroit est idyllique, et le moment est juste parfait !

Abel Tasman Tonga Island

Abel Tasman Tonga Island

 Des otaries se prélassent paisiblement

Abel Tasman Tonga Island Otaries

Nous demeurons ici durant presque trente minutes, en se contentant de simplement contempler la nature qui nous entoure. Puis, nous décidons de continuer le tour de l’île avant de terminer notre petit périple en kayak.

Des otaries s’approchent relativement près et c’est un vrai plaisir de les observer s’amuser :

Il est environ 14h00 lorsque nous atteignons la plage sur laquelle notre excursion en kayak se termine. À 15h00, un bateau-taxi va venir chercher notre canoë pour le ramener auprès de l’agence de location.

Nous passons l’heure à nous prélasser au soleil, allongés paisiblement sur le sable tout en contemplant Tonga Island qui nous fait face.

Abel Tasman plage kayakAbel Tasman kayakAbel Tasman plage kayak taxi

Puis, une fois les canoës embarqués, il nous reste plus qu’à rejoindre notre camping à pied, situé à environ trois kilomètres.

Nous prenons d’abord le temps de longer la plage, les pieds dans l’eau, en observant méticuleusement l’océan, à la recherche d’une ombre mouvante. En effet, Jonathan (le Français que nous avons rencontré), nous a parlé de la présence de raies et nous a conseillé cet endroit pour essayer d’en croiser.

Après dix minutes de marche, nous repérons une tâche sombre qui semble se déplacer, située à quelques mètres de la plage. Plein d’espoir, nous décidons de nous en approcher doucement (pour ne pas la déranger) et parvenons alors à observer distinctement la raie qui se trouve désormais à moins de deux mètres. Elle est super belle ! C’est la toute première fois que nous avons la chance d’en voir une de nos propres yeux et nous demeurons sans bouger, heureux comme tout de la contempler.
(Nous avons tenté de la filmer sous l’eau mais ça n’a malheureusement rien donné…)

Puis nous nous mettons en marche et atteignons notre camping peu de temps après, situé juste en bord de plage, à quelques mètres de l’océan.
Nous plantons (non sans mal) notre tente dans le sable et nous passons ensuite l’après-midi et la soirée à écrire et discuter, accompagnés par le bruit des vagues.

Dimanche 29 janvier 2017

Aujourd’hui une grosse journée de marche nous attend et nous nous réveillons quelques minutes avant notre réveil, prévu à 07h30.
Même si le canoë kayak était une super expérience, je suis heureuse de passer enfin une journée entière sur la terre ferme, sans mal de mer pour me guetter et j’ai hâte, tout comme Vincent, de parcourir les kilomètres de marche qui nous tendent les bras.

Nous plions la tente sous un ciel déjà bleu et commençons de suite la randonnée, une barre de céréales chacun à la main.
Le sentier que nous empruntons traverse une forêt et nous fait prendre de la hauteur, tout en longeant l’océan. Ce dernier se déploie alors sous nos yeux jusqu’à l’horizon et s’avère être tout aussi magnifique de loin, avec son eau aux couleurs de Caraïbes.

La forêt est tout aussi belle et agréable à parcourir, parmi l’abondance et la densité de ses arbres, son chemin de terre qui se faufile au travers de la végétation, et ses quelques ponts, suspendus à plusieurs mètres de hauteur.

L’endroit est magnifique et nous sommes heureux de nous y trouver.
La forêt est superbe, tout autant que la vue, le sentier est agréable, la nature nous entoure et il fait particulièrement chaud (ce qui est extrêmement plaisant)… Que pourrions-nous souhaiter de plus !

Abel Tasman trek forêtAbel Tasman trek paysage Abel Tasman trek pont

Les kilomètres se succèdent au rythme de nos pas tandis que nous profitons tant que possible de l’endroit et du moment.

Vers 10h00, nous décidons de faire une pause afin de prendre un petit-déjeuner. Nous nous arrêtons au bord d’une plage et mangeons tranquillement tout en contemplant le paysage.

Après quoi, nous nous remettons en marche et continuons notre avancée durant presque trois heures avant de faire une nouvelle pause, cette fois-ci pour le déjeuner.

Nous nous arrêtons au niveau de Torrent Bay, où plusieurs maisons se tiennent les unes à côtés des autres, et nous prenons place sur le bord d’un quai dont les pieds sont continuellement lécher par une eau fraîche et transparente.
Nous y trempons les jambes, tout en mangeant un nouveau plat de semoule.

Abel Tasman Torrent Bay

Puis, le ventre de nouveau plein, nous reprenons nos sacs à dos et nous nous remettons en chemin.
Alors que nous avons entamés quinze kilomètres depuis ce matin, nous nous rendons compte que le trajet va s’avérer plus long que prévu. En effet, l’itinéraire que nous souhaitions suivre n’est finalement pas accessible à cause la marée haute et nous devons donc faire un détour d’environ six ou sept kilomètres.

Nous hésitons d’abord par tout de même tenter une traversée via l’océan, mais la marée étant encore montante, nous décidons de ne pas prendre le risque de se retrouver totalement immergés et nous décidons donc de suivre le détour d’une heure et demie.
Et, quelques instants plus tard, nous ne le regrettons pas, car la vue que nous offre ce dernier est superbe.

Abel Tasman trek paysageAbel Tasman trekAbel Tasman trek

Mais, tandis que les kilomètres défilent au fil des heures, nos pieds commencent à devenir douloureux.
Des ampoules prennent place, devenant de plus en plus nombreuses.

Après environ une heure, nous décidons de nous mettre en tong en espérant que cela atténuera la douleur, mais sans grand succès.
Nous regardons alors où nous en sommes, afin de savoir la distance et le temps (approximatif) que nous avons à faire.
Cela fait désormais sept heures que nous marchons (et huit heures que nous avons quitté le camp) et il nous reste encore onze kilomètres à parcourir…
Sur le coup, nous sommes un peu découragés mais nous gardons tout de même notre motivation et notre bonne humeur.

Abel Tasman trek paysageAbel Tasman trek forêt

Nous tentons alors de faire abstraction de la douleur en contemplant les superbes paysages, mais chaque pas est de plus en douloureux.
Vincent, de son côté, a en plus la nuque qui lui fait particulièrement mal, où chaque mouvement vers le bas lui procure une sorte de crampe.

Nous commençons à avoir assez hâte d’arriver mais nous gardons tout de même le sourire et rions de la situation.

Nous marchons deux heures supplémentaires où chacune de nos douleurs s’est accentuée.
Nous nous déplaçons de moins en moins vite tout en boitant de plus en plus. La fin de cette randonnée devient difficile, mais l’endroit qui nous entoure est toujours aussi beau et nous prenons tout de même le temps d’en profiter.

Nous décidons de faire une pause de dix minutes afin d’apaiser nos pieds et la nuque de Vincent, puis nous repartons, légèrement soulagés.

Alors qu’il nous reste quelques kilomètres à parcourir, nous percevons un “raccourci” qui permet de traverser directement la plage (grâce à la marée désormais basse) au lieu de la contourner.
Après deux minutes d’hésitation, nous nous engageons sur le sable encore mouillé et marchons ainsi les derniers kilomètres.

L’arrivée, au loin, est visible mais semble particulièrement loin.
Le sable qui s’immisce entre nos pieds et nos tongs se frotte sans arrêt contre nos ampoules déjà très sensibles, et chaque pas est vraiment douloureux.
Nous marchons de plus en plus lentement en tentant d’atténuer la douleur mais nous avons l’impression de faire du sur-place. Nous avons beau avancer et encore avancer, l’arrivée semble toujours aussi loin et le parcours semble sans fin…  Notre idée de raccourci nous parait soudain moins ingénieuse.

Après quarante cinq minutes de marche, de douleur mais aussi de rires (autant s’amuser de la situation !), nous parvenons enfin au point de départ, heureux et soulagés !

Ca y est, nous y sommes. L’arrivée est atteinte, et notre excursion s’achève ainsi à 19h00 après onze heures et trente-et-un kilomètres de marche (dont douze avec des ampoules), dans un sentiment de joie et d’apaisement.

Vincent décide d’aller chercher la voiture qui est garée à environ deux kilomètres d’ici. Je souhaite l’accompagner mais il refuse catégoriquement et je l’attends donc durant environ vingt minutes, assise sur l’herbe avec nos deux sacs à dos.

Il est environ 19h30 lorsque Vincent revient et c’est un vrai plaisir de rejoindre le “confort” de notre voiture/maison !

Ce petit périple aura connu quelques péripéties entre le mal de mer, la tente trouée, les ampoules et quelques douleurs mais ce fut aussi et surtout trois superbes journées parmi des paysages parfois idylliques, une mer magnifique, un soleil omniprésent, des moments de rires et de détente, une île déserte rien que pour nous, des otaries curieuses dans des criques incroyablement belles, une forêt luxuriante aux paysages de rêve et des souvenirs superbes et mémorables.

 LE PETIT PLUS

Nos petites mésaventures ont connu une petite suite après notre excursion : mon téléphone portable a presque rendu l’âme en refusant de se rallumer (pour une raison inconnue) (je l’ai donc entièrement réinitialisé une semaine plus tard), le camping avec douche que nous espérions tant trouver le soir même fut finalement introuvable (nous avons alors dû rouler pendant plus d’une heure trente afin de trouver un endroit où dormir dans notre voiture) et le lendemain, nous avons voulu prendre une douche (payante) dans une piscine municipale (comme nous le faisons presque à chaque fois) mais c’était un jour férié et tout était fermé…  Nous avons donc payé une douche dans un camping, et celle-ci fut finalement froide !

L’explorateur Néerlandais Abel Tasman fut le premier Européen à découvrir la Nouvelle-Zélande. Le 18 décembre 1642, le marin découvrit ce lieu et décida d’ancrer ses deux navires près de Wainui (à Golden Bay) mais les Maoris les attaquèrent et tuèrent quatre membres de son équipage. Suite à cela, l’explorateur fit donc demi-tour.
Le parc national Abel Tasman fut ensuite fondé le 18 décembre 1942 et nommé ainsi pour marquer le 300ème  anniversaire de la visite d’Abel Tasman en Nouvelle-Zélande.

Et n’hésite pas non plus à nous laisser un petit commentaire 😀

7 réponses
  1. Lionel et Ghislaine
    Lionel et Ghislaine dit :
    Quelle chouette idée de nous faire partager en vidéo sur fond d’une très jolie musique , une partie de votre sortie en canoë.Les paysages sont magnifiques et cette rencontre avec les otaries et la raie « extraordinaire »
    Bon j’aimerais bien vous entendre imiter le dauphin, ce doit être un moment inoubliable :-)) (faite nous une petite imitation en vidéo).
    Dommage pour les ampoules, même si vous avez positiver ce n’est jamais agréable et ça gâche toujours un peu la randonnée.
    Quel c.. ce Wéka. Il fallait le bouffer cet oiseau :-). Vous auriez pu passer une très bonne soirée avec le couple de français. Du coup les avez vous revus à Christchurch ?
    Pour conclure c’est un super article. Si vous le pouvez faites nous partager le plus souvent possible vos articles avec des vidéos de + de 2mns pour bien apprécier. Nous ensons bien à vous.
    Gros gros bisous
  2. Véro et Gaëtan
    Véro et Gaëtan dit :
    En effet la vidéo est superbe et assez longue pour apprécier le paysage. Merci de nous faire partager les bon et les quelques mauvais moments. Dommage pour Maëva que le mal de mer est un peu gâché son plaisir. L’épisode du Wéka nous a fait sourire (nous avons pensé au coq). Vincent nous te félicitons pour tes talents de couturier, à la pêche tu étais déjà bon pour monter les lignes et les hameçons.
    Gros bisous à vous deux et à bientôt
  3. Véro et Gaëtan
    Véro et Gaëtan dit :
    n’hésitez pas à nous envoyer quelques photos (à défaut de vous voir en réel).
    Bises
  4. Maëva & Vincent
    Maëva & Vincent dit :
    On ne savait pas que la vidéo plairait « autant », mais tant mieux alors, ça nous fait plaisir !! 🙂
    Nous tenterons d’en faire plus souvent dans ce cas !

    : Par contre, pour l’imitation du dauphin heu… on te propose un échange : ton imitation de la crevette contre notre imitation du dauphin !! ^^
    C’est vrai que c’est dommage pour les ampoules. Même si nous avons bien profité, c’était tout de même différent. Mais bon, c’était super et on en garde un très bon souvenir !
    Quant au wéka, un peu plus et on oubliait notre combat contre la cruauté animale et le fait d’être végétariens ! haha
    Pour Caro et Jonathan, oui nous les avons revu deux fois 🙂 La dernière fois nous avons fait une soirée pizza (leur colocataire Brésilien avait préparé la pâte) et c’était super bon !! (les pizzas étaient aussi bonnes voire meilleures que celle que nous prenions -tous les week-end- à notre pizzeria en France !)
    Et ils sont tous les deux vraiment sympas !

    : Dommage pour le mal de mer, c’est vrai. Et dommage qu’on n’y ait pas pensé (alors que j’avais également eu le mal de mer sur le ferry une semaine avant). Mais bon, c’était magnifique et malgré quelques moments où je ne me sentais pas bien, c’était tout de même un plaisir d’être là et c’est sans regret !
    Et en effet, Vincent est un excellent couturier, il pourrait presque se reconvertir ^^
    Pas de souci pour les photos, nous y penserons.

    Bisous à tout le monde de notre part à tous les deux !

  5. Sandrine Chd
    Sandrine Chd dit :
    Magnifique trek !!
    Ca donne vraiment envie. Pouvoir se promener parmi une telle nature, entouré d’aussi beaux paysages. Le silence rompu seulement par le chant des oiseaux et le clapotis de l’eau. Le tout sous le soleil… Que demander de plus !!!

    Malgré toutes les mésaventures, je pense que ça restera un souvenir incroyable.

    C’est énorme que vous ayez parcouru 30 bornes à pied en une seule journée. Chapeau ! Je comprends que vous ayez eu des ampoules. Pendant un tiers du parcours c’est quand même dommage. Ca a dû gâcher le plaisir, n’ayant qu’une hâte de retrouver le confort.
    Vous ne pouviez pas faire la randonnée sur 2 jours ?

    Pour le mal de mer, on voit bien sur la première vidéo que Maëva rigole un peu moins après 1h de pagaie… ^^
    Maintenant tu sauras. Et tu prévoieras les médocs. En espérant que ce soit efficace.
    Parceque franchement, être seul sur une si grande étendue d’eau, ça doit être magique. (quand on est pas malade)

    Avec les otaries toutes proches de vous… Trop mignon !
    Et la raie. C’est cool que vous ayez pu en observer une. Surtout d’aussi près.

    Bon moins mignon le machin à plumes. Je comprends que, amoureux ou non des animaux, vous ayez juste envie de l’étriper en voyant l’état de votre tente ! O_o Le pire c’est qu’il revient à la charge, alors que vous êtes là. Même pas peur.
    Comme quoi, toujours prévoir une trousse de couture sur soi.

    Vincent a l’air plutôt doué pour la couture, heureusement.
    Par contre je lui apprendrais à faire le « plongeon-canard » pour observer les poissons sous l’eau xD

    Et vraiment bien l’idée de la vidéo. Ca fait plus vivant. Ca change.

    J’espère que vous allez bientôt pouvoir décoller… Pour l’Australie ou ailleurs.
    Et que vous allez continuer à vivre d’aussi beaux moments.

    Bisous

  6. Lionel et Ghislaine
    Lionel et Ghislaine dit :
    ok pour l’imitation de la crevette en échange d’une imitation du dauphin :-)). En effet vincent est un grand couturier. Trop fort.Bisous

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] cela ne nous a pas empêché d’avoir de vrais coups de cœur dont : Rotorua, Tongariro et Abel Tasman qui sont définitivement les endroits que nous avons préféré et qui nous ont le plus fasciné […]

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *