L’ACHAT DE LA VOITURE

Samedi 22 novembre – 06h30

Ce matin, nous discutons longuement concernant l’achat d’une voiture et nous décidons d’aller voir la Mitsubishi Lancer qui nous intéresse, située à Whangarei.  C’est un centre automobile Turners qui la vend et, en le contactant, nous apprenons qu’elle est toujours disponible.

Le fait de traverser la Nouvelle-Zélande à pied est assez plaisant en soi, de par l’aventure et l’imprévu que cela implique, et c’est ce qui nous séduit le plus. Mais la Nouvelle-Zélande est un pays très vaste, et aller d’un endroit à un autre nous prend beaucoup de temps, tout en sachant que chaque lieu que nous traversons n’est pas forcément digne d’intérêt.
De plus, bien que le stop ait également un côté attrayant, nous dépendons totalement des autres.
Avoir notre propre voiture nous permettrait d’être totalement autonomes, et nous offrirait la liberté qui nous fait tant rêver.

Nous quittons alors le camping en milieu de matinée et marchons jusqu’à Paihia, le pouce levé.
Les boutiques, la librairie puis l’église défilent à nos côtés au rythme de nos pas, tandis que nous sommes sur le point de quitter la petite ville.

Eglise Bay of Islands

L’église de Paihia

Alors que nous dépassons une voiture garée sur le côté, un homme nous appelle. Il s’agit du conducteur, qui nous demande où nous allons.
Encore une fois nous sommes très chanceux, car il se rend aussi à Whangarei. Il y habite et il est justement sur le point de rentrer chez lui, après avoir passé le week-end à Bay of Islands pour y faire du bateau avec des amis.

Nous mettons nos sacs dans le bateau remorqué à l’arrière de sa voiture avant de monter dans son 4×4, et parcourons ainsi les soixante-dix kilomètres d’une seule traite.
Le conducteur est un policier très gentil avec qui nous discutons durant quasiment toute l’heure du trajet.

Une fois à Whangarei, nous localisons le garage à 4,5 kilomètres de notre position et nous nous remettons en marche, sous un soleil de plomb.

À notre arrivée, nous entrons dans le bâtiment, à la recherche de notre éventuelle future voiture. Le garage est plutôt grand, et presque une centaine de véhicules est entreposée en rangées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Nous repérons la voiture qui nous intéresse et allons l’inspecter. Une fiche descriptive et détaillée est disponible sur le pare-brise, et les portes sont déverrouillées, nous permettant ainsi de la scruter sous tous les angles. Nous ouvrons les portes, le coffre, regardons les pneus, les feux, l’intérieur, et lisons vaguement la fiche descriptive (que nous ne comprenons qu’à moitié). D’apparence, elle nous semble parfaite.

Nous appelons donc un vendeur afin d’en savoir plus. Il nous parle alors de deux problèmes concernant la voiture.
Le premier étant que le voyant moteur reste allumé mais ils ne savent pas d’où cela vient.
Et le second concerne la courroie de distribution : la voiture a 200 000 kilomètres, et ils ignorent quand la courroie a été changée, ni même si elle a été changée.

En ayant connaissance de ces deux points, la voiture ne nous intéresse plus et nous en sommes vraiment déçus.
Cependant, nous apprécions beaucoup l’honnêteté du vendeur et sa sympathie !

Nous regardons alors les autres voitures mais aucune ne nous intéresse particulièrement dans notre budget, ce dernier étant de 3 500 – 4 000 $  (2 300 – 2650 €).

Il y en a une qui pourrait peut-être nous convenir mais quand nous en parlons au vendeur, il nous la déconseille de suite : « Celle là ? Ha non, ne prenez pas ça, c’est une piece of shit ! »
Et, de nouveau, nous apprécions beaucoup son honnêteté.

Puis, le vendeur est rejoint par un collègue, et ils discutent entre eux afin de savoir quelle voiture pourrait correspondre à nos besoins, avant de nous emmener devant une Nissan Primera.
Cette dernière semble idéale pour nous : elle est de 2001, n’a que 120 000 kilomètres, elle est à jour dans ses papiers, ses vitres sont teintées à l’arrière, elle possède de nombreux rangements, son allure de voiture familiale la rend discrète et “passe-partout”, et il s’agit d’un break, ce qui nous permettrait de pouvoir y dormir. Mais elle se trouve à 5 130 $  (3 385 €)   -soit 1 130 $ de plus que notre budget maximal-.
Mais ils nous expliquent que la voiture va faire partie de la vente aux enchères qui commence dans un peu moins d’une heure et, qu’avec un peu de chance, nous pourrions l’avoir pour moins cher.

L’idée nous plaît beaucoup et nous ne perdons rien à tenter le coup.
Nous discutons alors un certain temps où ils nous expliquent comment se passent les enchères, tout en nous donnant quelques conseils.
Nous allons ensuite essayer la voiture qui s’avère, en plus du reste, être très confortable et agréable.
Elle nous plaît beaucoup et nous espérons déjà l’avoir ! Mais, par crainte de ne pouvoir acquérir la voiture (faute de budget ou de “concurrence”) nous tentons de limiter notre engouement.

Nous attendons tranquillement 18h00, l’heure des enchères, en discutant de la voiture. Nous sommes vraiment emballés et enthousiastes à l’idée de l’avoir !
De plus, les enchères vont se terminer vers 19h00 et, si nous repartons bredouille, nous ignorons totalement où nous allons aller, et encore moins où nous allons dormir. Le centre automobile se situe en plein milieu d’une zone industrielle et il n’y a rien autour, si ce n’est des routes et des bâtiments.

De plus en plus de personnes arrivent, au fur et à mesure que l’heure approche.
Vincent stresse un peu en les observant, mais personne ne semble s’intéresser particulièrement à la même voiture que nous. Cependant, nous ne pouvons deviner ce qu’il en est concernant les enchères possibles via téléphone et Internet, ce qui nous laisse perplexes.

Il est (enfin) 18h00. Nous sommes une dizaine de personnes à nous rassembler devant le commissaire-priseur tandis qu’il “baragouine” on ne sait quoi.
La Mitsubishi Lancer qui nous intéressait est la première à passer. Nous avons finalement de la chance de ne pas vouloir enchérir sur celle-ci car tout va très vite, et nous peinons à assimiler les mots et les montants qui ne cessent de se succéder.

Les voitures défilent tandis que nous nous imprégnons du fonctionnement des enchères, amusés, quand vient le tour de la notre.
Le stress monte. Nous avons vraiment très envie d’avoir cette voiture et nous avons donc la pression.
Le commissaire-priseur ne cesse d’annoncer des prix qu’il répète à plusieurs reprises avant de proposer un nouveau montant, moins important.
5 000 dollars, 4 800, 4 500… Le prix est de moins en moins élevé, tandis que la pression est de plus en plus forte. Le commissaire-priseur continue sur sa lancée pendant que nous attendons l’annonce de son dernier prix.
4 000 dollars, 3 800, 3 500, 3 400… Il lève son marteau de bois en l’air, l’enchère est sur le point de se terminer.

Vincent et moi levons notre main au même moment, enchérissant d’une même voix.
Le commissaire-priseur nous pointe du doigt, confirmant notre enchère, tandis qu’il répète à plusieurs reprises le montant de 3 400 dollars d’un ton régulier.
La pression monte d’un cran. Je surveille d’un œil inquiet les enchères possibles par téléphone et Internet, en retenant mon souffle.
Au bout de quelques minutes, le maillet est de nouveau tenu en l’air, et demeure ainsi durant des secondes qui me semblent être des minutes entières. Puis, ce dernier vient enfin frapper son socle dans un claquement sourd, laissant la joie s’emparer de nous.

Ça y est, la voiture est officiellement à nous ! Nous sommes super heureux et vraiment excités à l’idée de repartir avec !
En rajoutant la part du commissaire priseur qui s’élève à 400 $ (265 €), la voiture nous revient à 3 800 $ (2 510 €), ce qui entre sans problème dans notre budget.
Les enchères nous ont ainsi permis d’acheter cette voiture 1 330 $ (880 €) moins chère que son prix initial, nous permettant ainsi de devenir les heureux et fiers propriétaires d’une “belle” Nissan Primera ! On est ravis.

Nous remplissons joyeusement les papiers de la voiture avant de remercier à plusieurs reprises les vendeurs pour leur aide, leurs conseils et leur sympathie. Puis, nous allons faire un petit tour dans la zone industrielle, histoire de se faire un peu la main.
Le permis international de Vincent étant encore en France, c’est moi qui prends le volant. Et, au début, je ne suis pas tout à fait tranquille. La voiture est une automatique, ce qui est très étrange dans les premiers temps. Et il faut également se faire à la signalisation et la circulation qui sont assez différentes comparées à la France : volant à droite, conduite à gauche, rond-point “à l’envers”, lignes principalement jaunes (les lignes continues blanches –qui indiquent un stop chez nous- annoncent ici un cédez-le-passage par exemple), etc…
Au volant de notre toute nouvelle voiture je ne fais pas ma fière, mais je suis amusée.

Avant de prendre la route,  nous repassons devant le centre automobile où nous nous arrêtons de nouveau.
Deux Français, qui se trouvaient à côté de nous dans l’avion pour la Nouvelle-Zélande, se trouvaient également aux enchères. Le fait de les recroiser ici nous a étonné, et nous sommes donc aller les voir pour discuter avec eux.
À l’origine, ils étaient également venus pour la Mitsubishi Lancer mais n’ont pas réussi à l’avoir (ce qui est peut-être mieux pour eux), puis, sur un coup de tête, ils ont enchéris sur un gros 4×4 à 2 000 $  (1 355 €), ce qui a eu le mérite de nous amusé (eux, sur le moment, un peu moins).
Heureusement pour eux, ils ont pu se rétracter sans souci, mais n’ont donc aucun moyen de transport  pour retourner à leur backpacker, situé à environ cinq kilomètres. Comme ils sont très sympas, nous leur proposons de les amener.

Je parcours ensuite mes tous premiers kilomètres sur les routes Néo-Zélandaises.
Après environ dix minutes de trajet, où les deux Français ne semblent pas conscients du danger qu’ils encourent, nous les déposons à leur auberge de jeunesse. Puis nous continuons notre route, en quête d’un endroit où passer la nuit.

Dormir dans sa voiture n’est pas autorisé en Nouvelle-Zélande, sous peine d’une amende de 200 $ (132 €), et nous décidons donc de nous rendre au niveau des Whangarei Falls afin de voir s’il peut être possible d’y passer discrètement la nuit.

Sur la route, nous passons devant une pizzeria et, heureux de notre achat, nous décidons de nous y arrêter pour fêter notre nouvelle acquisition autour d’une bonne pizza (végétarienne bien sûr).

Nous la prenons à emporter et, tandis que son odeur nous met l’eau à la bouche, nous nous rendons comme prévu sur le parking des Whangarei Falls. Ce dernier s’avère très bien, reculé de la route et un peu à l’écart.

Nous nous y garons puis, sans attendre, nous savourons notre pizza comme si nous n’avions rien mangé de bon depuis des semaines, en appréciant chaque bouchée.

Voiture

Nous allongeons ensuite la banquette arrière et préparons notre lit pour la toute première fois dans le coffre de la voiture, heureux comme tout.
Il est environ 21h30 quand nous nous endormons tout en repensant à notre journée qui fut à l’image de notre soirée : parfaite !

Et n’hésite pas non plus à nous laisser un petit commentaire 😀

1 réponse
  1. Lionel et Ghislaine
    Lionel et Ghislaine dit :
    Hello les voyageurs.
    C’est à nouveau un super article que vous nous faites partager. Effectivement vous êtes plutôt chanceux en ce début de voyage. Personnellement je me serai posé des questions avant de monter avec la personne qui vous a proposé de vous emmener. C’était trop beau qu’il soit sérieux, mais non vous êtes encore super bien tombé sur une sympathique personne.
    C’est fou tout de même de se retrouver face à deux vendeurs de voitures qui ne souhaitent pas vous en vendre une :-). Enfin pas une pourrie En sachant que vous n’êtes pas du pays. Surement difficile d’avoir un vendeur comme ceux là en France.
    Merci à eux pour ces bons conseils et qui vous ont permis d’ acquérir cette belle auto.
    Je vous imagine lors de la vente, la pression qui devait monter et ensuite le soulagement qui arrive juste après. Pour une première expérience vous vous êtes bien débrouillés.
    Vu ce que vous nous racontez, il valait mieux repartir en voiture, ça aurait été « galère » de dormir dans une zone industrielle :-).
    Alors pas trop difficile de conduire une voiture automatique et la conduite à gauche?
    Je me rappelle avoir essayé celle que Florian avait acheté, j’ai jamais réussi à la faire avancer :-)) et je vous parle pas de la conduite à gauche. A Chypre? nous avions loués des vélos….. HOLALA les ronds points à l’envers. Dur dur en vélo alors en voiture, imaginez.
    Quel plaisir n’est ce pas de manger autre chose que des pâtes :-)).Faîtes vous des petits plaisirs comme celui ci régulièrement,
    Après cette journée bien mouvementé, dormir dans un vrai lit… heu enfin pas vraiment un lit mais surement mieux que dans une tente ou il est difficile d’avoir chaud..
    Paihia à l’air d’être une jolie petite ville.
    Quel beau sourire au volant de la belle « Auto ».qui va vous permettre de parcourir de long en large le pays et profiter un peu plus de tous ses beaux paysages.
    Il est bientôt 20h à Mésanger, 8h00 en Nouvelle Zélande. On vous souhaite une très bonne journée. De notre coté nous nous préparons pour passer la soirée au chaud devant la télé ou avec un bon livre.
    Au plaisir de vous lire très prochainement.
    Gros bisous de nous deux

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