CAP REINGA

Vendredi 25 novembre 2016

Cette nuit fut meilleure que les autres. Pour la première fois, nous n’avons pas eu froid et nous avons plutôt bien dormi, malgré l’inconfort du coffre. C’est agréable !

Aujourd’hui, comme il n’y a rien à faire dans les environs, nous décidons de rejoindre Cap Reinga, à environ 150 kilomètres.

Après environ deux heures de route, nous atteignons enfin la fameuse “ville” de Cap Reinga (où aucune habitation ni aucun bâtiment ne se trouve), située à l’extrême nord de la Nouvelle-Zélande.
Pour atteindre totalement la pointe du pays, il faut laisser sa voiture sur un parking et terminer les derniers mètres à pied. En nous garant, nous sommes un peu sceptiques.
En effet, nous avons fait quelques centaines de kilomètres pour atteindre Cap Reinga, mais le beau temps n’est pas au rendez-vous. Nous sommes en plein dans les nuages, et il est impossible de voir au-delà d’un mètre. Absolument aucun paysage n’est visible ou perceptible pour le moment.
Je suis plus optimiste que Vincent et, enthousiaste malgré la météo, j’ai hâte d’atteindre le bout de la pointe.
Nous mettons nous doudounes, s’abritant tant bien que mal du vent et de la pluie, et nous nous mettons en marche.

Nous avons parcouru environ trois cents mètres quand nous arrivons au bout de la Nouvelle-Zélande, avec son fameux phare et ses célèbres panneaux directionnels.
D’ici, la vue est un peu dégagée et nous pouvons observer la mer de Tasman et l’Océan Pacifique se rejoindre sous nos yeux. Le spectacle naturel n’est pas particulièrement impressionnant mais il n’en demeure pas moins intéressant à découvrir.
Nous contemplons ce phénomène durant environ vingt minutes, bravant le vent qui nous siffle aux oreilles, avant de faire demi-tour.

Cape Reinga phare

Sur le chemin du retour, nous bifurquons sur un petit sentier de terre.
Nous marchons quelques instants et la vue qui nous fait face est superbe, les nuages rajoutant une touche mystique au paysage.

Sur notre gauche se trouve une végétation verdoyante à perte de vue tandis que, sur notre droite, les vagues de la mer viennent sans cesse s’écraser contre la falaise sur laquelle nous nous trouvons. Et, droit devant nous, se trouve la plage “Ninety Mile Beach” qui file jusqu’à l’horizon, se faisant avaler par les nuages qui nous entourent.

Malgré le vent qui souffle des rafales venant de toute part et la pluie qui nous tombe dessus par saccades, c’est une balade très agréable que nous apprécions beaucoup.

Une fois de retour à la voiture, nous décidons de nous rendre dans l’un des seuls campings disponibles à Cap Reinga, situé à environ un kilomètre.
Celui-ci est le pire endroit où nous avons séjourné jusqu’à aujourd’hui : il n’y a pas de douche, pas d’eau potable et, surtout, les “toilettes” sont horribles. Il s’agit d’un simple trou et l’odeur y est nauséabonde. A tel point, que nous préférons faire pipi plus loin, dans la nature (en ne laissant aucun papier derrière nous bien sûr !).

Pour pouvoir y passer la nuit, il faut normalement payer 8 $ (5,30 €) par personne en mettant notre argent dans une “honesty box”  (boîte d’honnêteté). Mais comme nous n’avons qu’un billet de 20 $, nous laissons un petit mot (avec l’argent) sur notre pare-brise pour prévenir le Ranger (en cas de contrôle), afin qu’il puisse nous faire la monnaie.

Samedi 26 novembre 2016

La veille, nous avons acheté un plaid et une couette, et la nuit fut enfin chaude et (à peu près) confortable. De plus, aucun Ranger n’est passé, donc c’est parfait.
(L’idée de ne pas “jouer le jeu de l’honnêteté” ne nous plaît pas particulièrement mais nous n’avons pas la monnaie pour payer les seize dollars demandés et nous n’avons aucune envie de payer quatre dollars supplémentaires en laissant notre billet de vingt. Et, pour être sincères, l’endroit en lui-même ne donne pas franchement envie d’y débourser le moindre dollar…)

Ce matin le ciel est dégagé donc nous décidons de retourner à la pointe de Cap Reinga pour profiter d’une vue différente de la veille.
Il est 06h30 quand nous quittons le camping et, lorsque nous arrivons au niveau du phare environ vingt minutes plus tard, le soleil est encore assez bas dans le ciel. La vue que nous découvrons est très belle et donne une ambiance très différente à l’endroit.
Nous avons de la chance, ces deux journées consécutives nous ont donné l’opportunité de contempler ce lieu avec deux climats très différents.

Cape Reinga Phare
Cape Reinga
Cape Reinga Phare

Puis, nous nous rendons aux dunes de sables géantes (les dunes Te Paki), situées plusieurs kilomètres plus loin en repartant vers le Sud.
Lorsque nous arrivons, nous les découvrons alors, immenses et à perte de vue. Ces dernières s’élèvent jusqu’à 140 mètres et sont régulièrement façonnées au gré du vent. L’endroit est aussi beau qu’agréable.

Nous faisons partie des premiers, aujourd’hui, à laisser nos empreintes dans le sable tandis que nous gravissons les dunes qui semblent sans fin. A chaque sommet que nous atteignons, une autre dune, plus grande encore, nous fait face.
Nous parcourons l’endroit durant environ une heure en prenant le temps d’apprécier le panorama.

Cape Reinga désert Dunes de sable géantes
Cape Reinga désert Dunes de sable géantes
Cape Reinga désert Dunes de sable géantes

Nous reprenons ensuite la voiture et commençons à redescendre l’île en direction de la Waipoua Forest, deux-cent kilomètres au Sud.

 LE PETIT PLUS

 Cap Reinga est un lieu sacré pour les Maoris, s’agissant même du lieu le plus sacré de Nouvelle-Zélande. Les Maoris nomment cet endroit “Te Rerenga Wairua”, ce qui signifie « Le lieu du grand saut de départ des Esprits”. En effet, d’après les croyances maories, c’est d’ici que les âmes des défunts rejoignent l’Au-delà.
En contrebas se tient un arbre seul sur les rochers, il s’agit d’un pohutukawa de 800 ans. Ce dernier est sacré car les âmes sautent de ses branches pour plonger dans la mer, utilisant ainsi le “Te Ara Wairua” (“Chemin des Esprits”) pour rejoindre “Hawaiki”, la terre des ancêtres.

 De même, le nom du cap : “Reinga” est un mot maori qui signifie “les Enfers”.

Le phare de Cap Reinga a été construit en 1941, devenant le dernier phare construit en Nouvelle-Zélande, et remplaçant le phare de Cap Maria van Diemen sur l’Île Motuopao. Ce dernier était difficilement accessible, si bien qu’une tyrolienne reliait l’île au continent pour permettre aux gardiens et leur famille (ainsi qu’aux fournitures et courriers) de faire la traversée. Mais, en 1933, la femme d’un assistant gardien a été happée par les vagues venues s’échouer sur les rochers près du phare, et c’est suite à cela que la décision a été prise de construire le phare de Cap Reinga.

Le phare de Cap Reinga est visible jusqu’à 48 kilomètres au large.

La plage “Ninety Mile Beach” (90 Mile Beach) ne fait en réalité que 55 miles (soit 88 kilomètres).

C’est ici, au Cap Reinga, que débute le Te Araroa, une randonnée (assez récente : décembre 2011) de 3 000 kilomètres qui traverse tout le pays du nord jusqu’au sud. C’est l’un des sentiers les plus longs au monde. “Te Araroa” signifie “Le long chemin”.

Et n’hésite pas non plus à nous laisser un petit commentaire 😀

5 réponses
  1. Lionel et Ghislaine
    Lionel et Ghislaine dit :
    Hello les bounoutes,

    Toujours aussi plaisant de suivre votre périple.La ville de cap reinga doit être plaisante à visiter :-), Pas une maison ou un bâtiment à l’horizon.
    Bon il y a apparemment un chouette camping, OUFF;
    Sérieusement l’endroit parait fantastique. Le découvrir différemment (par temps brumeux et dégagé) doit être fabuleux.
    Merci de nous faire un petit cours sur l’histoire du pays, notamment dans cet article sur les croyances des maoris et sur Le phare de Cap Reinga. Avez vous eu l’occasion depuis votre arrivée sur l’île de rencontrer une famille de maori?
    Avez vous parcouru une partie du sentier Te Araroa » ? C’est le genre de randonnée que nous ferions bien.Te araroa me fait penser au GR20 (Traversée de la Corse).
    Heureux d’apprendre que la voiture est plus confortable et que les nuits sont moins froides.
    Nous avons toujours autant hâte de vous lire et de découvrir ces superbes photos.
    Vivement le prochain article.

    Gros bisous de nous deux

  2. Lionel et Ghislaine
    Lionel et Ghislaine dit :
    Ah oui, je suis de retour pour un petit oubli :-). Sympa la petite vidéo. Ça permet de voir que ma fille est en forme et mon gendre aussi mais bon là on le voit pas beaucoup 🙂

    Bisous

  3. Marie -thé et Marcel
    Marie -thé et Marcel dit :
    je vous écrirai plus longtemps , Lionel Ghislaine sommes devant un jus de pommes
    bisous je vous laisse des commentaires réguliers sur les photos
  4. delaunay
    delaunay dit :
    Coucou, je me régale également de votre voyage. Les photos sont réellement belles ! Quel appareil avez-vous ?
    Soyez prudents. Je vois que Maëva est intrépide mais Vincent plus sage.
    Profitez néanmoins. C’est une belle aventure à deux !
    Marie-Christine
  5. Maëva & Vincent
    Maëva & Vincent dit :
    Merci pour vos commentaires 🙂
    On est contents de savoir que les articles vous plaisent !

    : Pour la rencontre avec une famille, oui et non. En fait les maoris vivent entièrement avec la société. Je pensais que ce serait un peu comme en Australie où les Aborigènes sont un peu à l’écart et vivent parfois « entre eux ». Mais là, tu rencontres autant de Néo-Zélandais que de Maoris dans la vie de tous les jours. Donc oui, nous en avons régulièrement croisé dans la rue, mais non, nous ne sommes pas particulièrement allés « à leur rencontre ».

    Concernant le sentier « Te Araroa », quand nous en avions l’occasion durant notre première semaine où nous marchions, oui on essayait de le suivre. Mais il n’est absolument pas indiqué, il faut se renseigner avant pour savoir précisément par où il passe, etc.. Du coup, on a parcouru quelques kilomètres dessus, mais moins que ce nous souhaitions à l’origine (et on pensait également qu’il serait presque tout le temps immergé dans la nature, ce qui n’est pas forcément le cas en fait).

    Et oui, nous sommes en grande forme !! 😀

    : Merci pour le petit passage sur le blog, c’est gentil !! 🙂
    En effet tu nous laisses régulièrement des commentaires sur Facebook que nous prenons toujours plaisir à lire !

    : Coucou, et merci beaucoup pour les compliments, ça nous fait plaisir !
    Pour les photos, nous avons un hybride : un Olympus OM-D E-M10 et trois objectifs. Je commence à sentir ses limites, mais je prends tout de même beaucoup de plaisir à photographier avec, je le trouve super 🙂

    Nous profitons en effet comme il faut !

    Encore merci pour vos messages, bonne journée à vous tous, et à « bientôt » !! 🙂

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